Association Fort de La Crèche

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La Seconde Guerre mondiale

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Le contre-torpilleur Chacal

1939-1940
Boulogne doit servir pour le rapatriement des soldats blessés et le débarquement des troupes et du matériel. En mai 40 le Contre-torpilleur Chacal reçoit l’ordre de tirer sur le fort de la Crèche pour stopper l’avancée allemande. Il sera atteint par des bombes et s’échouera au sud d’Ambleteuse.
1940-1944
La Marine allemande prend possession des lieux. Elle bétonne trois des quatre positions des nouveaux canons français et bâtit les blockhaus encore visibles aujourd’hui. Le Fort de la Crèche devient alors un point d’appui du « Mur de l’Atlantique » et ferme au nord la forteresse de Boulogne (Festung Boulogne). Le 22 septembre 1944, le QOR (Queen’s Own Riffles), régiment canadien libère le fort.

Le fort de la Crèche face à l’Histoire

  • Mai 1940, la bataille de Boulogne

En mai 1940, lors de la Bataille de Boulogne, la Marine tient les 4 batteries de côte, Alprech, la Crèche, le Mont de Couppes, le poste de commandement se trouvant au sémaphore de la Tour d’Odre. Le port de Boulogne est, à ce moment là, devenu vital pour la logistique de la British Expeditionnary Force qui y a débarqué une partie de ses troupes à l’automne précédent. L’Amiral Abrial (Amiral Nord) commandant des forces maritimes du Nord reçoit donc l’ordre de « tenir les ports et les bases d’Ostende, Calais et Boulogne, tant qu’ils sont couverts par une armée alliée, en coopérant avec celle-ci ».
Dans la nuit du 22 au 23 mai, les Allemands tentent en vain de conquérir par surprise la batterie de la Crèche qui, grâce à ses pièces pivotantes, peut tirer sur leurs véhicules arrivant de l’intérieur des terres.
Le lendemain a lieu une nouvelle attaque contre la Crèche. La garnison résiste vaillamment avec l’appui de contre-torpilleurs français mais finit par tomber. La batterie est alors bombardée par une flotte franco-britannique pour éviter que les Allemands n’utilisent les canons. Ces derniers réussiront malgré tout à couler un navire anglais.
Les batteries du mont de Couppes et de la Tour d’Odre sont prises à leur tour, dans la journée du 23, après d’âpres combats. La chute des batteries côtières affaiblit considérablement la défense de Boulogne. De plus, les Britanniques évacuent après de durs combats au sud et à l’est de la ville.
Mais Boulogne assiégée résiste encore même si l’aviation alliée perd la maîtrise du ciel et la marine subit de grosses pertes dont le torpilleur Orage et le Contre-torpilleur Chacal.
Ce n’est que le 25 mai à 11 heures, que les Français acceptent leur reddition. Les Allemands rendent les honneurs de la guerre aux vaincus en leur permettant de défiler avec leurs armes.

Source : « Les forts dans les combats de 1940 » par Xavier Boniface dans Quatre forts pour un port

Voir aussi : Les derniers torpilleurs

  • Le Mur de l’Atlantique
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Transformation d’un ouvrage français pour l’intégrer dans le Mur de l’Atlantique

La Kriegsmarine prend possession des lieux à l’issue des combats de mai 1940. Elle rassemble de 180 à 400 hommes entre 1940 et 1944 dans cette position dominant la rade de Boulogne et la Baie Saint Jean, qu’elle juge stratégique car le champ de tir y est large.
Elle réutilise dans un premier temps l’armement français qui est remis en service malgré une faible fréquence de tir et une puissance de portée limitée à 26 km.

En 1942, Hitler décide l’édification du Mur de l’Atlantique sur toute la façade maritime, allant de la Norvège à la frontière espagnole, pour contrer la menace britannique et américaine. Le Pas de Calais, région la plus proche de l’Angleterre, et ses ports sont directement concernés.
La batterie de la Crèche est rebaptisée Crèche1. Elle est peu remaniée mais de grands abris sont construits en arrière de chaque plateforme française pour en abriter les servants. Ces casernements portent le nom de généraux allemands.
Le casernement de 1879, jugé peu sûr pour abriter les hommes, est utilisé en bureaux, entrepôt, cuisine. Les quelques hommes qui y dorment encore doivent rejoindre les nouveaux bunkers en cas d’attaque. Des abris pare-éclat sont accolés à certaines entrées. Les soutes à munitions et le magasin à poudre sont réutilisés. Des tranchées permettent de se déplacer d’un ouvrage à l’autre en sécurité.
Des ouvrages sont construits en bordure de falaise sur les lieux dénommés Crèche 2 et Crèche 3 pour recevoir de nouveaux armements permettant de tenir éloignés les navires alliés.

Au cours de l’hiver 1943, le secteur de Boulogne sur Mer est déclaré forteresse. Il s’agit pour les allemands de mettre en place un système capable de défendre Boulogne du côté terrestre comme du côté maritime. La Crèche reçoit le nom de code Arnica. Elle devient un des points d’appui pour la défense de la façade maritime au nord de la ville.
Trois des anciennes plateformes et soutes françaises sont modifiées. Elles se voient dotées de grosses casemates, un peu en retrait mais englobant dans le béton les anciennes soutes françaises. Elles abritent des canons plus petits mais plus rapides et plus précis.
Des ouvrages complètent la défense de la Crèche au nord vers Wimereux et à l’est vers Terlinctun.

Au printemps 1944, les bombardements alliés sur le Pas de Calais s’intensifient en vue d’un prochain débarquement. L’Etat Major allemand, persuadé que le débarquement aurait lieu sur ce littoral, poursuit la pose de mines et de piquets anti-planeurs, renforçant le Mur de l’Atlantique, jusqu’au dernier moment. C’est sur les côtes du Pas de Calais qu’il est le plus puissant.

Source : « La Crèche 1940 – 1944 » par Hervé Olejniczak dans Quatre forts pour un port

  • La libération de Boulogne (Opération Wellhit)

Les Alliés viennent de débarquer en Normandie. Montgomery veut rapidement s’emparer d’un port dans le Pas de Calais pour accélérer l’approvisionnement (essence et munitions) des troupes en marche vers le Reich. Boulogne devient alors le premier objectif confié à l’armée canadienne qui par ailleurs est chargée de réduire au silence les batteries côtières et les sites d’armes spéciales édifiés à l’arrière et capables d’atteindre l’Angleterre.

Le 12 septembre 1944, des régiments canadiens, dont le Queen’s Own Rifles, le North Shore et la Chaudière arrivent à la périphérie de Boulogne ainsi que quelques troupes anglaises. Le 17 septembre, des bombardements massifs par des quadrimoteurs Lancaster et Hallifax ont lieu et le lendemain ces régiments entrent en action et libère progressivement Boulogne. Le Mont Lambert, la batterie Friedrich-August à la Trésorerie, le port et la citadelle de la haute ville tombent successivement.

Le 21 septembre, le Queen’s of Rifles et la Chaudière prennent les positions bétonnées situées autour de la Colonne de la Grande Armée et s’approchent de la Crèche par Terlincthun. Les Allemands résistent et les Canadiens demandent l’intervention de l’aviation. Dans l’après-midi une escadre de la Royal Air Force traverse la Manche et déverse ses roquettes sur le Fort. Les deux régiments s’emparent alors d’un canon anti-aérien intact et le retourne contre les casemates du Fort encore tenu par les Allemands. Les combats se poursuivent jusqu’au lendemain appuyés par l’arrivée de chars Sherman.

Le 22 septembre, dans la matinée, la Kriegsmarine hisse le drapeau blanc. Il y a 500 prisonniers, ce qui laisse supposer que de nombreux soldats se sont réfugiés dans les blockhaus de la Crèche lors des combats pour la libération de Boulogne et de Wimereux.

Après 6 jours de combats des régiments canadiens et britanniques bénéficiant de l’appui des Forces Françaises de l’Intérieur la ville qui a subit de lourdes pertes est enfin libérée.

Source : « La libération de Boulogne-sur-Mer, l’Opération Wellhit » par Robert Dehon dans Quatre forts pour un port

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