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Canon, calibre et modèle

par Jean-Paul

Le calibre d’une pièce fait référence à son diamètre intérieur, c’est aussi le diamètre du projectile qui sera lancé par cette pièce.
Lorsque l’on parle de canon on trouve des appellations du genre : Canon de 32cm Mle 1870-84
« Mle » est pour modèle, 1870 étant l’année où le modèle a été mis au point et agréé, 84 étant pour 1884, date de modifications majeures de la pièce. La technologie « 1870 » implique que le tube est en fonte tubé intérieurement en acier. Ce mode de construction permettait des économies vis à vis du tout acier, au détriment de la masse du tube, ce qui est un défaut toléré pour des pièces statiques comme les pièces de batterie côtière. Le calibre est exprimé en centimètre puisque le tube est essentiellement en fonte. Lorsqu’il est entièrement en acier, le calibre est donné en millimètre.
À compter de 1924, tous les calibres seront exprimés en mm, puisque les tubes en fontes ont disparu des arsenaux. La manière d’exprimer le calibre reste sujette à débat et seuls les directives ministérielles et les manuels officiels respectent les prescriptions ; les unités continuent d’appliquer leurs habitudes à ce sujet.
Ex : le canon de côte d’origine « Marine » de 19 cm Mle 1870-93, en fonte tubée acier ayant servi à compter de 1915 dans l’ALVF - Artillerie Lourde sur Voie Ferrée - peut être désigné officiellement sous les formes suivantes :
Canon de côte origine « Marine » cal 19cm Mle 1870-93 en fonte tubée acier.

SERVICE PÉRIODE APPELATION OFFICIELLE
Batterie de côte " Marine "(1) De 1896 à 1900 Canon de 194mm Mle 1870-93
Batterie de côte "Guerre "(1) De 1901 à 1915 Canon de 19cm Mle 1870-93
ALVF De 1915 à 1924 Canon de 19cm Mle 1870-93
ALVF De 1924 à 1940 Canon de 194mm Mle 1870-93

(1) « Marine » est pris ici pour le ministère de la Marine et « Guerre » pour le ministère de la guerre.

Vers 1895 la construction de corps en fonte disparaitra totalement.

Les rayures.

Les rayures gravées à l’intérieur du tube d’une bouche à feu - canon, fusil, pistolet… - permettent de faire entrer en rotation le projectile afin de le stabiliser sur sa trajectoire. Rotation conservée par inertie, le projectile est éjecté du canon. Grâce à l’effet gyroscopique, le projectile est moins sensible aux modifications de trajectoire que lui impose le vent, la pluie, etc... L’intérêt des rayures : augmenter la précision du tir. Des munitions - balles, obus… - tirées par un canon rayé arrivent toutes dans une certaine zone. Les mêmes munitions tirées par un canon lisse arrivent dans une zone plus large, elles sont plus dispersées. Les rayures diminuent la dispersion (avantage) au prix d’une diminution de la portée (inconvénient).

Les rayures sont toujours un nombre multiple de 4. Le nombre de rayures est bien évidemment proportionnel au calibre mais dépend aussi de la technologie de construction :
Les tubes en fonte ont autant de rayures que leur calibre exprimé en centimètre multiplié par deux.
Les tubes en acier ont autant de rayures que leur calibre exprimé en centimètre multiplié par trois.

Cette règle pratique ne s’appliquerait pas pour les bouches à feux entre 1864 et 1916.
Ex : Un canon fonte de 32 cm 1870-93 présente 64 rayures, un canon acier de 320 mm Mle 1917 a 96 rayures. Pour un 75mm en acier le calcul complet donne 75mm soit 7,5cm multiplié par 3 donne 22.5, que l’on ajuste au multiple de 4 immédiatement supérieur soit 24 rayures.
Le sens de rotation des rayures est vers la droite, certains canons de Marine anciens sont rayés à gauche. Les rayures sont généralement à pas constant, mais on rencontre des tubes, en particulier dans l’artillerie lourde avec un pas évolutif de 1°30 à 7°, ce qui a disparu du fait des difficultés d’usinage. À l’heure actuelle (2010) on tendrait à revenir au canon lisse pour certaine bouche à feu.

Sources :
http://www.artillerie.info/index.html
http://pages14-18.mesdiscussions.net
http://briconique.free.fr/canons.html