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Les flotilles côtières de Pierre le Grand à Napoléon, de la Baltique à la Manche, Amiral Maurice DUPONT

par François

Amiral Maurice DUPONT, Economica, 276 pages, 2000.

La collection Economica propose de nombreux ouvrages traitant de questions militaires. Souvent rédigés par des militaires, ces ouvrages sont traditionnellement une mine d’informations et d’une grande rigueur historique. Dans cet ouvrage, l’auteur relate l’implication et le rôle tenus par les flottilles côtières dans les nombreux conflits européens du XVIIIe et du début du XIXe siècles. Une partie significative de ce livre tend à la compréhension de la stratégie maritime de Napoléon Bonaparte.

Quelques morceaux choisis :

Page 141 : « Le rapport de l’ingénieur des Ponts et Chaussées de Briche en 1776 n’est guère favorable au choix de Boulogne pour le déplacement du lieu d’implantation de la troisième flottille : L’entrée du port est toujours dangereuse par vent de la partie ouest. La rivière n’a pas de chasse (réservoir destiné à chasser le sable) et les bancs s’accroissent lentement. C’est l’un des plus mauvais ports de la Manche. »

Page 165 : « C’est Bonaparte qui avait choisi le port de Boulogne à la place de celui du Havre, comme base de départ des 180 bateaux de la Seconde Flottille, lors de son inspection des côtes de la Manche, en février 1798. »
« Puis, en 1801, il veut entasser, de nouveau à Boulogne, les 270 bateaux de la Troisième Flottille-Bluff et enfin, en 1803, dans cette petite faille entre deux falaises et leurs voisines, 2 000 chaloupes et bateaux divers, qu’il fait construire jusqu’à Colmar et amener ensuite difficilement. »

Page 165 : « L’implantation de ces flottilles à Boulogne est du registre du « Impossible n’est pas français. »

Page 170 : « Les défauts du petit port à marée de Boulogne sont connus… une barre, existait alors à la sortie de la rivière tortueuse, le long de la jetée de l’ouest, suivie d’un banc de sable du même côté. La contenance du port est d’environ 300 bateaux, alors que l’opération en prévoit 1 300 et l’on ne peut en sortir qu’une centaine à chaque marée… la mer se retire très loin, à quelques 800 mètres du port et il est donc difficile de protéger " la ligne d’embossage ", le mouillage d’attente des bateaux à 1 000 ou 1 200 mètres de terre, hors de portée de l’artillerie de terre. La rade n’a aucune protection contre le gros temps et les vents les plus fréquents de Sud Ouest et de Nord Est la rendent assez vite intenable. »
« De forts courants traversiers, atteignant 3 nœuds, règnent aux sorties des ports. »

Page 170 : « Il est très étonnant que l’on n’ait pas privilégié Saint Valéry sur Somme. »

Page 178 : « Même en été, la traversée de la Manche sur la flottille est incertaine. Les possibilités scientifiques de l’époque ne permettent pas des prévisions météorologiques cinq ou six jours à l’avance.
La faiblesse humaine devant la mer apparait dans toute son ampleur dans cette médiocre flottille, inadaptée et réellement prisonnière d’un des plus mauvais ports de la Manche. »

Page 192 : « A Boulogne, l’ingénieur Sganzin a terminé les importants travaux de remise en état du port et de ses approches bouleversés par l’hiver : les forts isolés en mer de La Crèche et de l’Heurt, à demi détruits, le banc de sable revenu dans le chenal, les quais et les talus du bassin semi-circulaire en partie effondrés. »