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Nous n’oublierons jamais les mots gravés sur la colline de Wimereux

Extraits du récit de Joseph Fowler publié en 1918
Traduction par Christian Barbe

Ces faits se passent probablement en octobre 1918. Après la bataille de la Somme les troupes partent en Belgique.

« Peu de temps après, nous avons dit au revoir à la France et aux champs de bataille de la Somme, et nous avons commencé un nouveau périple pour un autre théâtre d’opération ; La Belgique. Notre bataillon a marché jusqu’à Albert , nous y avons bivouaqué dans le square de la gare jusqu’à minuit en attendant le train. La nuit d’octobre était froide, nous avons fait du feu pour faire du thé et nous réunir autour du foyer, évoquer des souvenirs et chanter. Le chant chez les Tommy’s est très présent dans les réunions afin de manifester son état d’âme et manifester sa lutte victorieuse contre l’environnement, ainsi, ils proclament leur triomphe contre la fatigue physique et la dépression mentale, cela aide à garder le respect de soi-même dans l’accomplissement du devoir, et marcher au pas sur la route montre son mépris contre la mort et le danger même s’il va jusqu’aux portes de l’enfer.
Les braises de nos feux étaient presque éteintes, nous avons rejoint un de ces grands trains de transport de troupes qui ont convoyé tant de soldats au travers des plaines de France. Lorsque l’aurore apparut, nous étions en train de traverser des champs de verdure, un des plus beau paysage automnal français que l’on puisse voir, avec toutes ses couleurs de bois et de forêts, et le reflets du soleil levant étincelant dans les ruisselets et les étendues d’eau. Nous ne regardions plus un désert de cratères d’obus et de bois calcinés, avec des branches dénudées, ici la nature était réelle avec son décor approprié, nous donnant un plaisir intense à la contempler dans toute sa beauté, ses couleurs et son rayonnement de paix et sérénité. Sa splendeur nous chasse de l’esprit les visions d’horreur que nous avons du subir, et même les plus cartésiens d’entre nous, n’oublierons jamais les mots gravés sur la colline de Wimereux, que nous répétions entre nous - Gloire à Jésus Christ -

Nous sommes restés dans le train deux jours et deux nuits, passant dans beaucoup de villes qui ont fait l’histoire de l’Europe... »

Ceci a été écrit par « Lance Corporal Joseph Fowler Compagnie C 1/18eme du régiment « London Irish Rifles »

« Shortly afterwards we said good-bye to France and the battlefields of the Somme and began the trek to the new sphere of our operations – Belgium. The battalion marched to Albert, where we bivouaced in Station Square till midnight awaiting train. The October night was cold, so we lit fires, made tea and gathering round the warm bright flare we let ourselves “go” forgetting the past and evading the future in an intoxicating burst of song. Song is Tommy’s great medium for manifesting his soul and its victory over circumstances and environment. Through it he proclaims his triumph over physical fatigue and mental depression. It helps him to retain his self respect while performing the most menial of duties, keeps time with the gay rhythm of his feet on a route march, and proclaims his soul’s defiance of death and danger as he goes “over the top” into the jaws of hell. The embers of our fires were nearly dead when we entrained in one of those great troop trains that have swept so many thousands across the plains of France. As dawn broke we were passing through fields of refreshing green, amid some of the most beautiful of French scenery, catching here and there autumn tints from woods and forests, or the reflection of the morning sun in sparkling streamlets or still waters. No longer did the eye gaze upon a wilderness of craters and woods of blasted stems and stripped branches. Here nature was clothed in her proper raiment, filling the eye with her beauty and colour and the soul with her peace and restfulness. Her splendour chased away all memories of past horrors, and even the most worldly amongst us echoed words that we saw engraven on the hill slopes of Wimereux – “Gloire a Jesus Christ”.

We lived in the train for two days and nights, passing through towns whose names loom large in European history... »

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